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Retraites : un comité officiel d'experts recommande une sous-indexation des pensions
information fournie par Boursorama avec Media Services 11/07/2025 à 16:16

François Bayrou à Briançon, le 27 juin 2025. ( AFP / JEFF PACHOUD )

François Bayrou à Briançon, le 27 juin 2025. ( AFP / JEFF PACHOUD )

"L'objectif de pérennité financière du système de retraites par répartition n'est pas respecté", selon le Comité de suivi des retraites (CSR) jeudi 10 juillet.

Un avis qui tombe à quelques jours de l'annonce par François Bayrou de ses orientations pour redresser les finances publiques. L'hypothèse d'une désindexation des pensions en 2026, déjà envisagée par le conclave sur les retraites, a pris un peu plus de crédit jeudi 10 juillet avec la recommandation en ce sens du Comité de suivi des retraites (CSR), un comité officiel de cinq experts chargé d'éclairer les pouvoirs publics.

Pour cet organisme, le diagnostic est clair : "l'objectif de pérennité financière du système de retraites par répartition n'est pas respecté". Le comité "formule une recommandation de rééquilibrage du système de retraites à l'horizon 2030", avec pour "levier principal" la sous-indexation des pensions, c'est à dire une réévaluation annuelle moins forte que l'inflation. "Des marges de manoeuvre existent" pour ce faire, compte tenu notamment du fait que le niveau de vie des retraités français "reste élevé en comparaison européenne", écrit le CSR : il atteint en moyenne "97% de celui de la population", seuls l'Italie ou l'Espagne faisant jeu égal ou un peu meilleur en comparaison européenne, note-t-il.

Les experts, qui préconisent une désindexation cumulée d'au minimum 1,9 point jusqu'en 2030, prennent ainsi une position voisine de celle du document de compromis du conclave sur les retraites. Celui-ci proposait une sous-indexation de 0,8 point l'an prochain, puis de 0,4 point les années suivantes. Le CSR déconseille au passage une désindexation qui épargnerait les retraités les plus modestes : au nom du principe d'égalité, le Conseil constitutionnel ne'accepterait pas une telle solution si elle devait être instaurée "trop fortement ou trop longtemps", a indiqué le président du CSR, Franck Von Lennep, en présentant le rapport à la presse.

C'est la deuxième fois que ce comité adresse une recommandation formelle à l'exécutif

Les experts du CSR reprennent également une autre suggestion envisagée lors du conclave : durcir les conditions d'éligibilité au système des carrières longues, qui permet aux personnes ayant commencé à travailler tôt de pouvoir partir avant l'âge légal de 64 ans. Ce durcissement pourrait concerner "au moins les personnes ayant commencé à travailler à 21 ans, voire à 20 ans", écrivent-ils. Ces personnes ont souvent une espérance de vie égale aux autres travailleurs, ce qui enlève une bonne partie de sa justification au dispositif, a estimé en substance Franck Von Lennep. "Au contraire, certaines ont une espérance de vie meilleure que la moyenne", a-t-il ajouté.

Pour l'après-2030, le comité considère que de nouvelles mesures devront être prises, mais ne s'étend pas sur ce qu'elles pourraient être. C'est "l'ensemble des instruments de pilotage" qu'il faudra faire évoluer à l'avenir, "y compris le taux de remplacement", s'est-il borné à indiqué. Jouer sur le taux de remplacement peut consister à baisser les retraites des nouveaux arrivants, en leur laissant la possibilité de travailler plus longtemps pour garder le même niveau de pension. Mais cette nouvelle réforme peut attendre encore un peu, le temps de laisser la réforme de 2023 monter en charge, estime le CSR.

C'est la deuxième fois depuis sa création en 2014 que ce comité adresse une recommandation formelle à l'exécutif. La première fois, en 2017, le gouvernement de l'époque avait répondu par une première tentative de réforme autour de la notion d'âge pivot, qui n'avait pas abouti et à laquelle a succédé la réforme de 2023. Outre Franck Von Lennep, qui est l'ancien directeur de la Sécurité sociale au ministère de la Santé, le comité de suivi des retraites compte deux représentants de l'Insee et un économiste, tous spécialistes des pensions.

34 commentaires

  • 14 juillet 16:20

    Le déficit est du à une mauvaise gestion de l’état, je ne vois pas pourquoi ce serait toujours au citoyen de payer. Arrêtons les exonérations de cotisations qui plombent le système de retraite et les aides publiques qui représentent plus de 80 milliards en 2024. L’argent existe, les choix sont contestables. On trouve de l’argent pour l’armée mais pas pour les retraites.


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